Notre monde

Avis sur le fonctionnement du monde
  • Désepérance, ou Epérance?

     

    Les  événements qui se déroulent en France en ce mois de juillet 2015, tout comme, depuis déjà quelque temps, la montée d'un grand sentiment d'abandon de la jeunesse ici en Nouvelle Calédonie, me poussent à nouveau à prendre position.

    Oui les temps que nous vivons sont particulièrement alarmants. La mondialisation gagne du terrain et les hommes et femmes sont de plus en plus dépassés par leur quotidien. Tant et si bien qu'ils ne voient pas qu'ils s'enfoncent chaque jour un peu plus dans une forme de standardisation, de déni, ils s'adaptent à des conditions de vie infernales, comme nous savons tous si bien le faire.

    La facultė  d'adaptation de l'être humain est une marque de son intelligence. Oui mais là, il ne s'agit plus de promouvoir l'effort d'adaptation du cerveau à une situation nouvelle, mais plutot d'habituer le cerveau à subir une norme. Cette norme étant de se satisfaire de ce qu'on lui propose. Et elle est imposée par des grandes marques publicitaires, devantures de puissants lobbies commerciaux internationaux.

    L'omniprésence des mėdia dans notre vie, cette perpétuelle agression des images, prive notre esprit de temps et d'espace de reflexion. L'incitation à vivre dans le bruit, à écouter des musiques de plus en plus agressives, qui battent les tympans, à monter le volume pour se couper du monde, cette pollution bruyante prive notre esprit de la quiétude et de la disponiblité pour écouter notre musique intérieure.

    L'afflux incessant d'informations de toutes sortes, disparates et mélangėes, sans ordre d'importance ou de priorité, nous empêche de faire des sélections, des classements, des analyses, des rapprochements....Nous habituant à la confusion...

    La diffusion d'émissions addictives voyeuristes, où la bêtise rivalise avec la violence et des comportements irrationnels, pour nous sidérer, nous choquer, nous rendre émotionnellement réactifs, pour mieux nous manipuler, ...nous prive de notre bon sens, de notre raison et même du simple sens commun qui devrait diriger nos vies.

    Le monde est tentation, la jeunesse veut avoir le produit dernier cri, être toujours à la pointe de la technologie. Tout est fait pour flatter l'égo, "être le premier"... Oui il y a longtemps on voulait être le premier de la classe, le premier à arriver en tête dans les compétitions sportives, être le premier à réussir dans le vie. Aujourd'hui on veut être le premier à acheter le nouveau smartphone, le nouvel écran de la dernière technologie en vogue. Ils sont nombreux dans ce cas et se livrent à une vraie competition d'acquisition commerciale. Comme si leur vie, leur dignité en dépendait.

    Donc dans ce monde, cette matrice de besoins matériels insatiables, l'esprit, la réflexion, la créativité n'ont plus leur place. Les gens ne se voient plus, ils voient la voiture dans laquelle l'autre est assis. Les gens sont déconnectés des autres et donc par voie de conséquence, d'eux mêmes.

    Mais autour de la société humaine, il existe une organisation, bien structurée,  qui mène cette masse d'individus sous contrôle, vers un destin qu'ils maìtrisent et dont ils sont les seuls à avoir la clé.

    Ces gens ménent le monde dont il tirent les ficelles, pour leur intérêt privé. Ils ont corrompu les gouvernants, ils possèdent les organes médiatiques et les banques, donc le pouvoir de savoir et le pouvoir de posséder.  Ils ont créé de toute pièce les  dettes publiques des États dans lequelles les pays s'enferrent et donc appauvrissent leurs populations,... et donc ils dirigent le monde.

    Pourtant il y a un moyen de lutter contre cette emprise, il est très simple. Il suffit de rendre leurs cerveaux aux gens. Il suffit de réveiller les consciences, de sortir les gens de la torpeur consumériste. Il faut réapprendre à regarder le monde, rėveiller l'esprit humain qui est toujours présent, mais seulement endormi.

     

     

  • Pourquoi aller aux USA

    Pourquoi aller aux USA, pays tant controversé dans le monde, l'endroit que certains diabolisent et d'autres adulent? Pourquoi aller aux USA alors que je suis française et que je connais très peu mon pays d'origine ? Pourquoi aller vers les vies citadines, dangereuses, et besogneuses alors que je vis loin de tout et protégée par la distance avec les grandes métropoles ?

    Ma première réponse c'est : parce que je ne connais pas les USA et comme vous avez peut-être constaté je suis très méfiante des images et reportages faits par des gens qui sont orientés politiquement. Parce que je connais la tentation que nous avons tous à vouloir embellir la réalité pour que les autres envient notre propre condition. J'ai entendu beaucoup de critiques des Etats Unis mais je sais deux choses : le peuple d'un pays ne ressemble pas forcément à ses gouvernants, et  pour connaître la vérité il faut aller à la source.

    Je suis française de culture, et c'est vrai que la culture française est très riche et très belle. Mais je n'ai pas vécu en France suffisamment longtemps pour ressembler à un français qui y vit. Dans ma propre famille, certains ont fait une grande partie de leur vie en France et sont revenus: et pourtant la communication n'est pas facile, nous n'avons plus les mêmes repères, nous n'avons pas les mêmes références de vie. Que les français me pardonnent, je me sens beaucoup plus proche des Australiens et des Néo Zélandais que des français de France.Cela s'explique par certains aspects de nos vies qui se ressemblent : nous sommes assimilés à des colonisateurs, nous vivons à côté de peuples qui nous rappellent sans arrêt que nous vivons chez eux, nous sommes les "occupants", nous le savons et respectons et peut-être en aimons encore plus notre terre d'accueil. En Nouvelle Calédonie le spectre de l'indépendance flotte parmi nous en permanence, laquelle, comment, avec qui ? Nous ne le savons pas . Nous vivons en permanence dans le questionnement et l'incertitude. Ceux qui prétendront le contraire n'ont pas assez étudié la société calédonienne et les rebondissements de son histoire. Donc pour moi la découverte des USA est neutre et c'est un rêve.

    J'ajouterai autre chose. En m'incrivant sur Facebook, j'ai découvert des américains qui portent le même patronyme que moi, et j'ai envie de les rencontrer. Ce patronyme est peu commun et d'une orthographe redoutable, ce qui me conforte dans l'idée que nous avons peut-être loin dans le passé des racines communes.

    Et enfin quand on a vécu toute sa vie d'adulte sur une île de 400 Km de long sur 80 km de large, les grands espaces, les routes à l'infini vous font forcément rêver. Alors quoi de plus tentant que ce continent mythique à la nature grandiose !

     

     

     

  • Ce monde est-il toujours le nôtre ?

    Nous sommes en décembre 2008, la période des vacances  scolaires a commencé, et nul besoin de l’annoncer dans les média, car dans les quartiers Nord de Nouméa, les résidents ont très rapidement commencé à connaître les effets de ce nouvel état des jeunes de la rue. Les cambriolages s’intensifient, les rues qui jusqu’alors connaissaient une relative tranquillité, commencent à s’animer et à voir défiler des groupes de jeunes gens qui déambulent, désœuvrés.

    Parmi ces jeunes qui se promènent, beaucoup le font par simple curiosité, par ennui. D’autres pour le plaisir de se retrouver, et chercher une source de divertissements. Mais le phénomène de groupe provoque dans la population un sentiment de danger. Et dans ces groupes s’insèrent souvent des plus grands qui ont des idées derrière la tête. Et c’est ainsi que ces petites entités apparemment innocentes vont véhiculer des informations sur la vie de leur quartier, sur les voisins, qui permettront à des individus bien moins innocents de préparer leurs larcins.

    Une de mes voisines m’a lancé il y a quelques jours, à propos des cambriolages en recrudescence : « c’est bientôt Noêl, ils font leurs courses ! » Il est vrai que le phénomène est récurrent, il commence à la fin novembre, comme les promotions de Noël des grands magasins, il va s’amplifiant car alcool, désœuvrement, et euphorisation due à l’approche des fêtes fournissent un cocktail détonnant qui engendre les situations de violences, exacerbées par la jalousie. Cette jalousie de ne pas avoir un appartement agréable, un jardin entretenu, une vie décente.

    Car ces enfants vivent souvent dans des logements sociaux  surpeuplés, dans une famille trop nombreuse, dans des milieux difficiles. Ils sont dans une génération de transition, celle qui a découvert son indépendance, loin de la coutume et des lieux de vies communautaires. Des peuples de « guerriers » comme ils ont tendance à le revendiquer, qui à l’âge adolescent ont de la testostérone à revendre, de l’agressivité à éliminer et qui vivent dans un univers qui ne leur laisse pas beaucoup de choix. Alors beaucoup cherchent à fuir dans l’alcool, comme les grand frères, ou les parents, et d’autres découvrent la drogue, qu’ils partagent (au début).

    Quel regard portons-nous sur ces jeunes en voie de délinquance ? Dans notre quartier il y a deux types de comportements : les gens qui s’intéressent à ce phénomène et essaient avec leurs moyens, avec ce qu’ils sont, de rentrer en contact, ou de rester en contact avec ces jeunes, sans trop s’impliquer, mais juste pour offrir à ces jeunes une reconnaissance qu’ils recherchent à travers leurs actes, bons ou mauvais. Et il y a les indifférents qui ne savent pas de toute façon comment agir, et donc qui préfèrent « vivre à côté », en se disant que moins on s’intéresse aux autres, moins ils s’intéressent à vous, et qu’en cas de grabuge, on n’a qu’à appeler la police.

    Les deux comportements sont raisonnables, car une implication trop forte aurait les effets inverses du résultat attendu : la tranquillité. Et une absence de réaction et une certaine indifférence laissent aux populations visées une marge d’évolution car elles se sentent moins « jugées » par le reste du monde, ce qui peut leur permettre de s’approcher de la société et s’y insérer en douceur.

    Mais cela ne résout pas notre problème, car à la longue un comportement trop « lisse » envoie un message de faiblesse, et contribue à développer les actes de délinquance. Le monde dans lequel nous vivons fabrique des esprits matérialistes et consommateurs, alors que tout le monde n’a pas les moyens d’accéder à cette consommation. Et d’autres n’ont pas envie de fournir les efforts qui leur permettront d’y accéder. Et les mêmes qui fabriquent ce monde de consommateurs sont ceux qui pratiquent un esclavagisme moderne, celui qui dissuade les jeunes d’aller vers une société ressentie comme injuste et souvent inhumaine.

    Qui a tort, qui  a raison, si le problème de la délinquance des jeunes est aussi récurent et que malgré tous les efforts gouvernementaux, des organismes sociaux, des associations, et de tous ceux qui s’impliquent pour se battre contre la fatalité, c’est que la solution n’existe toujours pas, elle reste à inventer .

    Si nous ne trouvons pas de solution, c’est peut-être que nous prenons le problème à l’envers. La réalité est que le monde a changé, les valeurs éthiques ont vieilli, la génération qui pose des questions n’attend pas forcément de réponse de notre part. Elle veut simplement que nous nous adaptions à ce nouveau monde et que nous nous y insérions, car le monde de demain n’est plus le nôtre, c’est le leur.