Couple qui es-tu ?

Couple qui es-tu ?

J'ai du mal à comprendre que l'on puisse mettre en balance des histoires qui généralement ne dureront pas, avec des rapprochements fiables plus durables, tout cela au nom de la toute puissante testostérone. Car il existe Dieu merci de très beaux exemples de couples qui durent encore après 20, 30, ou 40 ans de vie commune. Mais de cela, je ne parlerai pas car je ne l'ai pas connu personnellement.

Il est vrai aussi que certains couples avec de grandes différences d'âge arrivent à fonctionner, et que l'expérience de la maturité n'est pas une garantie de bonheur. Cependant un décalage dans l'âge dénote une relation plus basée sur des rapports « père-fille » que recherchent certaines femmes, car cela les rassure : le monde actuel est assez effrayant, les hommes jeunes ont besoin de se construire un avenir et cela comporte beaucoup de difficultés à surmonter, alors se tourner vers un homme apparemment plus solide semble une alternative tentante.

J'ai moi-même vécu cela après mon premier mariage avec un homme de trois ans mon aîné. Il était beau et rebelle, j'avais envie d'en finir avec la vie chez mes parents, j'étais amoureuse comme on peut l'être à 18 ans... notre jeunesse et notre fougue n'ont pas survécu au quotidien, pourtant nous étions enfin parvenu à avoir chacun un emploi, nous avons eu une petite fille, mais l'amour passion n'a pas supporté  le passage fatidique des sept années de vie commune.


A 26 ans j'ai rencontré le futur père de mon fils, il en avait 47. J'ai été l'exemple même de cette chair fraîche déçue par l'amour qui s'est laissé convaincre par un homme mûr, beau, avec beaucoup de classe, et des moyens financiers qui me mettraient à l'abri des difficultés de la vie. J'ai pourtant bien senti la différence d'âge, et cet homme m'a beaucoup aimée alors que j'éprouvais autre chose plus de l'ordre de l'amitié amoureuse. Ce qui ne m'a pas empêché de lui faire de violentes scènes de jalousie, quand il sortait avec ses amis, de son âge. J'étais jalouse de ces femmes d'âge mûr avec qui il avait des conversations passionnantes, avec qui il plaisantait, à qui il accordait du temps, avec qui il aimait danser, et je me disais qu'en fait c'était avec moi qu'il dormait et vivait.

Quelle ironie ! Je l'ai quitté, parce que cette relation ne me convenait pas, je n'étais pas heureuse, il a rencontré une femme de 10 ans mon aînée et ils sont toujours ensemble.

Cette aventure ne m'a pourtant pas servi de leçon, je suis tombée amoureuse d'autres hommes plus âgés que moi ensuite à deux reprises, mais ils n'en voulaient qu'à ma jeunesse et à ma joie de vivre, je m'en suis donc vite éloignée. C'est là que j'ai compris à quel point ces hommes peuvent devenir complètement dingues de jeunes femmes, mais pas pour leur esprit ou leur valeur personnelle, seulement pour leur apparence, et leur vitalité sexuelle.

Je sais donc dans quelle galère je pourrais être, seule à 50 ans, avec ce que je connais des hommes, si je cherchais encore ardemment l'homme de ma génération qui pourrait correspondre à mes attentes.

C'est pour cela que j'ai décidé de réagir, de ne rien attendre de cette engeance qui ne m'apportera que déceptions et désillusions, et profiter de ce que cette vie m'offre de meilleur, le temps, les voyages et les rencontres éphémères de gens exceptionnels, dans des lieux inattendus. Et je crois que ce que j'apprécie le plus maintenant c'est cette sérénité de la vie qui me fait apprécier un bon café bien chaud dans mon jardin, et la marche en bordure de rivière, à contempler les sommets imposants sous le soleil, le cœur rempli de joie et de reconnaissance pour ces moments de bonheurs volés à l'adversité.

Quiconque lirait ceci pourrait être tenté de penser que j'ai un compte à régler avec les hommes. Je connais bien cette allégation, on me l'a déjà souvent faite. C'est assez facile ce croire que je suis une personne déçue et amère et que je cherche à faire payer mon infortune à tous les hommes de la terre. Commentaire simpliste pour esprit superficiel...

La réalité c'est que j'ai du mal à concevoir le couple, deux individus qui unissent leurs différences pour créer une entité qui va devoir faire face à l'adversité, dans ses bons et mauvais jours.

Autrefois, j'entends quand la femme était officiellement un être inférieur et dépourvu de droits, cela était facile. Il suffisait à l'homme de s'imposer, de décider, éventuellement par la force car quand toute décision ne dépend que d'une personne, tout est plus simple au début, et si cela ne fonctionne pas comme prévu, il est encore possible d'incriminer ceux qui de toute façon n'ont pas voix au chapitre.

Mais l'histoire a fait changer les choses, la femme est maintenant un être pensant à part entière et elle a des droits. La tâche est donc plus complexe pour l'homme : non seulement il doit composer avec une autre personne pour décider, mais en plus il doit aussi rendre des comptes. C'est là que tout se complique, la relation homme - femme devient très intéressante. Nous devons considérer la vie de couple comme une énigme à résoudre, avec la technique de résolution de problème.
Pour comprendre comment faire fonctionner un couple, il faut déjà arriver à définir qui est l'homme et qui est la femme, puis il faut se mettre d'accord sur les objectifs de chacun, et après il faut trouver les moyens d'actions communs pour parvenir à un résultat. Sur le papier cela paraît relativement facile.

Si l'on prend les éléments de l'énigme : l'homme et la femme, il s'agit de deux individus qui ont chacun une intelligence, un vécu, donc des éléments qui ne sont maîtrisables que par chaque individu. L'homme et la femme sont dotés de raison, mais subissent leurs subjectivités respectives. Et chacun a en plus un système hormonal qui guide ses pulsions, qui influence ses choix. Là on commence à entrevoir que l'association de deux individus aussi différents ne sera pas simple.

Chacun de ses individus est entouré d'une famille, chacun a un cadre social qui lui est propre, un emploi, des amis, une association, un syndicat, que sais-je ... je veux dire par là que chaque individu, a en plus des différences qui lui sont propres, tout un environnement culturel et social qui l'influence. Alors comment fait un homme ou une femme pour concilier tout ce qu'il est avec tout ce qu'est l'autre ? Cela est pour moi un très grand mystère.

Arriver à concilier ce que l'on est avec un autre qui n'est pas de sa famille ou de son entourage demande une générosité, une abnégation dont très peu d'entre nous sont capables.,

Lorsque je rencontre des couples qui fêtent leur 30 ou 40 ans de vie commune, je suis extrêmement admirative, je passe du temps avec eux et j'essaie de comprendre comment il ont fait.

Certains ont envie de me crier : mais c'est par amour, d'autres diront que ces personnes ont tellement d'intérêts en commun que leur union est obligatoire, d'autres encore parleront de la peur de la solitude, d'autres encore évoqueront un phénomène de dépendance affective, ou financière. Je le crois. C'est un savant mélange de tout cela, avec pour chaque couple une dominante qui lui est propre. Le couple devient une entité. On en revient à la technique de résolutions de problèmes : le couple a un objectif qui lui est propre, et chaque individu concourt à la réalisation de cet objectif. L'intérêt de l'individu s'efface devant l'importance de l'objectif commun.

Cela voudrait dire que pour qu'un couple se compose et perdure, il a besoin de donner un sens à son existence. Le couple devient une entité qui s'apparente fort à un individu. Tout comme un individu peut être divisé en son sein, et subir des luttes intérieures, le couple doit faire face à des situations perturbantes, des doutes, des questionnements, des trahisons. Il doit pouvoir surmonter tout cela et trouver l'énergie pour continuer à exister pendant toute la durée de la vie des individus qui le composent.

Le couple doit trouver des alliés à sa survie dans ces deux personnes qui le composent. Mais pour cela, encore faut-il que chaque individu soit suffisamment engagé, ait foi en son couple.

Nous voyons là que l'association d'un homme et d'une femme, en vue de fonder une entité qui devra surmonter les aléas de la vie, n'est possible qu'en fonction de ce que chaque individu peut garantir à long terme pour maintenir l'existence de cette association. Autrement dit, le problème reste entier : personne ne peut garantir qu'il restera fidèle à cette association, à vie.

Tout au plus un individu normal peut s'engager à faire le maximum pour son couple, afin de le maintenir le plus longtemps possible. Dès que l'on sait cela, chacun fait son choix.

Les hommes pensent en général que la femme cherche à se caser ou à profiter de son argent. Toutes les femmes sont vénales, dit-on...

Oui et non.

L'homme et la femme sont égaux dans ce domaine. Tous les hommes que j'ai connus et même mes amis ont au moins dit une fois que s'ils avaient la possibilité de vivre et de se faire entretenir par une femme, ils en tireraient le maximum. Il est parfaitement humain qu'un individu qui n'a rien tente de tirer avantage d'une personne ayant plus que lui. Ce n'est pas moral mais c'est normal.

Là encore l'histoire explique ce sentiment que les hommes ont que la femme est vénale et intéressée : jusqu'au milieu du 20ème siècle, la femme était dépendante financièrement de l'homme. Aujourd'hui encore, à travail égal les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes. La situation de la femme a donc toujours été liée à ce que l'homme a toujours bien voulu lui donner.

Par ailleurs la plupart des hommes et peut-être même tous, sont très dépendants de leur sexualité, et beaucoup vont se laisser déborder par leurs désirs. Nombre de femmes l'ont compris et en profitent.

A partir de ces deux constats, la femme sait que la faiblesse de l'homme lui permet d'assurer sa propre sécurité financière, ce n'est donc pas une tare d'être vénale, c'est plutôt une marque d'intelligence de la femme. Elle gère une situation à son profit. Ce que l'homme sait faire chaque jour dans le milieu des affaires.

L'homme et la femme sont si différents, ils ont beaucoup de mal à se comprendre, j'irai même jusqu'à prétendre que l'homme a renoncé à comprendre la femme depuis longtemps et pourtant cette dernière tente toujours de percer le mystère. D'où mon allégation choquante pour les mâles : la femme est bien supérieure à l'homme.

Si du point de vue de l'intelligence pure, des fameux QI, et autres étalons de mesure crées par les hommes prouver scientifiquement que l'homme a plus de capacités intellectuelles que la femme, il est clair que la femme a une sensibilité, une capacité de concentration et une résistance physique et psychique supérieures à l'homme.

La vieille bataille sur qui est plus intelligent que l'autre, même si elle m'amuse beaucoup car j'adore provoquer les hommes sur ce sujet, est quand même dépassée.

Nous sommes différents et complémentaires. Un couple homme femme a plus de chances de réussir ce qu'il entreprend que deux hommes ou deux femmes. J'en suis persuadée. La seule condition c'est qu'aucun leadership ne se mette en place, que chacun respecte l'autre et que chacun se sente responsable de la réussite ou de l'échec de l'autre.

Une autre condition s'impose : qu'aucune sexualité n'interfère.

Le sentiment amoureux, ou de désir optimise la compréhension de l'autre et l'envie de réussir ensemble, dans une première phase, mais ensuite il peut aveugler l'un ou l'autre et même compromettre une collaboration.

Le grand souci est de maintenir un niveau de relation courtois, respectueux et non sexué. Est-ce possible ? Oui si l'homme parvient à contrôler sa testostérone.

Rappelons que l'agressivité de l'homme dans ce domaine est une chose normale, c'est la testostérone qui conditionne le réflexe sexuel. C'est aussi cette forme d'agressivité qui rend l'homme performant en provoquant des réactions en chaîne dans son organisme et en stimulant son cerveau.

Pourquoi je ne parle pas de la femme dans les mêmes termes ? Tout simplement parce que si certaines femmes peuvent effectivement avoir un comportement sexuel similaire, c'est tout de même beaucoup plus rare, et cela se produit seulement à certaines périodes où l'activité hormonale est intense.

Il est vrai aussi que beaucoup d'hommes se maîtrisent parfaitement et son capables d'occulter le sexe de leur collaboratrice ? En général des hommes jeunes, donc de la génération actuelle, ou ayant une éducation fortement influencée par des femmes.

D'où le prochain sujet de réflexion : "quelle éducation pour quel homme" ?

 

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