Nature humaine et nature politique

Nature humaine et Nature politique

Un sujet me titille l'esprit de plus en plus souvent. Cela concerne notre "tendance". C'est la tournure que prend notre réflexion.
Je n'aime pas la fracture droite/ gauche. C'est trop réducteur. Pourtant nous avons tous une tendance naturelle dans notre vision du monde qui nous fait voir les choses, les actes, les pensées de façon différente. 
Soit nous considérons le monde d'un point de vue individuel, soit d'un point de vue collectif.
Toute ma vie j'ai nourri ma réflexion a travers la connaissance des autres, les livres, la philosophie, les discours...mais je garde en moi cette certitude :  notre façon de voir le monde dépend de notre définition personnelle du vivre ensemble, de notre regard sur la société, du système de valeurs que nous avons élaboré en nous
Ce système de valeurs d'où vient-il ? J'ai peine à me dire qu'il vient de notre éducation ou des influences extérieures.
J'explique. Si notre façon de voir le monde et les valeurs qui nous habitent, comme l'honnêteté , le respect, le courage, la compassion,..nous étaient inculquées ou transmises par notre milieu familial ou les influences que nous avons subies dans notre vie, alors dans une famille, nous serions tous affectés de la même façon et nous serions similaires. Si notre vision du monde ne dépendait que de notre environnement familial, social, éducationnel, pourquoi au sein d'une même famille, sommes nous si différents quand à la compréhension et la qualification de ces mêmes valeurs?
La vision que chaque individu a du monde vient de beaucoup plus loin, de beaucoup plus profond. Serait-ce génétique ?  Des études scientifiques commencent à envisager l'importance de la mémoire génétique. Mais alors j'ai du mal à identifier de quel parent je tiens ces gènes qui me poussent à rechercher, analyser, comprendre, intellectualiser, conceptualiser...je n'ai jamais décelé ces aptitudes chez mes parents biologiques.
Il faut je crois remonter bien plus loin, c'est plus une aptitude innée qu'acquise.
 Ne croyez pas que je sois obsédée par ma personne, non. C'est que je suis mon sujet d'étude le plus facile à aborder. Mais il me fait toujours me tourner vers l'extérieur,  vers les autres...et je me dis que chaque individu est tellement différent, tellement unique, dehors il y a des forêts d'âmes qui sont si passionnantes à visiter...
L'écosystème de la forêt est effectivement celui qui se rapproche le plus de l'humain, à mes yeux. Tant de diversité dans les espèces, dans les apparences, dans les rôles, dans les racines, dans la taille, la consistance, la complexité...une interférence permanente, des échanges multiples, des liens invisibles et pourtant si puissants...il se dégage une énergie vitale incroyable d'une forêt. Et autant d'une foule de gens. Hier j'ai regardé un spectacle donné par une chorale, à chaque fois je suis hypnotisée, magnétisée par le chant choral. C'est la même sensation que dans les bruissements, les craquements, les bourdonnements et les sifflements dans une forêt. Il se passe quelque chose de magique quand des êtres vivants agissent en symbiose.
Je suis passionnée par la nature humaine, et la Nature en général.  Ce qui me ramène à mon propos premier. 
Tout ce que nous ressentons et comprenons de la société qui nous entoure dépend de notre construction intérieure. Lorsque j'assimile la société humaine à la forêt, certains peuvent le comprendre, le concevoir, le ressentent à l'identique, d'autres prennent cela pour une vision fantasmagorique déconnectée du réel, et enfin beaucoup découvrent en eux une forme de résonance à ce propos et s'interrogent.
Toute notre vision du monde est ainsi faite. C'est une question de sensibilité mais aussi de connaissance tant intérieure qu'extérieure à soi.
Je peux transposer cela dans le monde politique.  Certains se sentent au milieu d'une forêt, parmi les autres, et se demandent comment nous pouvons faire prospérer notre environnement social, ensemble. D'autres ne voient que des arbres très différents et pensent que quand on est trop différent il n'y a pas possibilité de faire quoique ce soit "ensemble", donc il faut se séparer, se protéger des autres, et prospérer tout seul dans son coin pour survivre. Et puis il y a ceux qui sentent cette résonance des autres autour d'eux, et qui s'interrogent. Voilà comment on retrouve l'esprit collectif, et l'individualisme, suivis des indécis.
Notre façon de regarder la Nature, les autres, détermine notre comportement social. Il y a ceux qui l'aiment et la respectent, ceux qui la craignent et s'en méfient et puis ceux qui aimeraient bien en profiter sans trop s'y investir. Mais n'oublions jamais la force et la beauté de la Nature, et elle joue collectif, elle.
19/02/2017

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